Cent écoles de Pensée


Les cents écoles de pensée



道教 – Le Taoïsme

La religion taoïste:

Religion syncrétique unifiant en un dogme unique tous les antiques courants religieux. Les prêtres taoïstes vénèrent à travers les rites et les cérémonies les dieux de la cour céleste, et craignent les démons du Feng Du ”le monde souterrain” appelé aussi ”les sources jaunes”.

« Trente six mille dieux et esprits arpentent le Royaume Céleste, tous servent l’Auguste Empereur de Jade. Les divinités de la Cour Céleste sont ses ministres, les dragons et les esprits ses sujets. Tous contribuent à la pérennité du Ciel, d’où découlent l’ordre et l’harmonie dans l’univers. »
Tian Xin, grand Prêtre de la dynastie Zhou.

Les origines : dans les anciennes dynasties, les prêtres exerçaient une influence considérable sur l’Empire, ils étaient les messagers du Ciel et de la Terre. Ils régnaient sur tout l’Empire au côté de l’Empereur ”le fils du Ciel” qui réalisait l’union entre le Ciel et la Terre. A la chute de la dynastie Zhou, les hégémonies épousèrent les théories légistes bannissant les prêtres de la cour. Seul le Royaume du Wei, héritier des traditions cléricales, continua à organiser sa politique autour des pratiques religieuses. Dans les autres royaumes, les prêtres se sont organisés en sectes éparpillées dans le Jian Hu ”le monde des forêts et des lacs”.

Les rites et pratiques magiques : la pratique liturgie spécifique, l’observation des rites et l’utilisation de l’art du Tao, permettent au prêtre de devenir le messager du Ciel, l’agent du Tao. L’art des prêtres résident dans la communication avec les entités supérieures, les esprits et les divinités.


La sagesse Taoïste :

Les lois du Tao établissent un système symbolique d’interconnexion entre le macrocosme et le microcosme. Le Tao est le pivot, le commencement et la fin. Indéfinissable et éternel, le Tao ne peut s’exprimer par des mots, il est au-delà de toute définition. Dans cette vision de l’univers, il n’existe pas de dieu créateur, mais le Tao représente l’interrelation entre toute chose dans l’univers.

« La voie que l’on peut définir n’est pas le Tao, la voie éternelle,
Le nom que l’on peut prononcer n’est pas le Nom éternel,
Ce qui ne porte pas de nom est l’origine du Ciel et de la Terre,
Ce qui porte un nom, est la mère de tout ce qui vit sous le Ciel. »
Lao Zi,
Tao de Jing, Chapitre 1.

Les origines : le courant de pensée taoïsme, née des pratiques religieuses, a été fondé majoritairement par le sage Lao Zi et conceptualisé dans son ouvrage le Tao De Jing. Il s’est développé à travers la théorie des trois piliers de l’univers, l’Homme entre le Ciel et la Terre. Au sein de cette triade, l’homme se meut à travers la pérennité du Ciel et de la Terre. Les sages taoïstes émirent l’hypothèse que “l’homme saint” peut atteindre l’immortalité pour parfaire l’univers, ”ne faire plus qu’un avec le Tao et sortir du cycle des réincarnations”. Les taoïstes développèrent l’alchimie pour atteindre ce résultat. L’alchimie externe cherche à créer un élixir d’immortalité et l’alchimie interne tente par l’ascèse et le contrôle du souffle à transformer le corps de l’intérieur.

« Le son et le silence créent l’harmonie…
Le tout et le rien ont le même visage,
C’est pourquoi le Sage s’abstient de toute action,
Impassible, il enseigne par son silence…
Il crée sans s’approprier et œuvre sans rien attendre,
Il ne s’attache pas à ses œuvres,
Et, par là, il les rend éternelles. »
Lao Zi,
Tao de Jing, Chapitre 2.

Le fondement cosmologique : du Tao céleste est né le Yin et le Yang, l’inertie et le mouvement. Deux forces opposées interdépendantes présentes en tout chose, ”en chaque chose contient son contraire”. Dans l’alternance du Yin et du Yang se forment les quatre phases du nycthémère, l’origine des quatre saisons. De l’écoulement des quatre phases du Yin/Yang, l’invariable milieu prend sa source. Le centre, la vertu de la Terre parachève les Cinq Mouvements.

« Le sage, dans son gouvernement, fait le vide dans le cœur de ses sujets…
S’ils pratiquent le non-agir, l’harmonie est préservée,
L’ordre est maintenu,
L’empire gardé. »
Lao Zi,
Tao de Jing, Chapitre 3.

Le Wu Wei ”le non agir” : le non agir est le principe d’action du sage qui agit en harmonie avec le Tao, à l’extérieur comme à l’intérieur ne pas aller au-delà de l’action spontanée qui est adaptée aux besoins tels qu’ils se présentent. Le wu-wei se rattache au concept de la vision juste et de tout ce qui en découle en pratique, particulièrement l’attitude juste qui fait que, si nous écoutons la voix intérieure, nous agissons spontanément, correctement, efficacement et naturellement.

« Les cinq couleurs aveuglent l’homme,
Les cinq notes assourdissent ses oreilles,
Les cinq saveurs rendent sa bouche insensible,
La courses et la chasse égarent son esprit,
Les richesses l’empêchent d’avancer,
Ainsi, le Sage tourne son regard en lui-même et, loin du tumulte et des passions,exerce son libre choix. »
Lao Zi,
Tao de Jing, Chapitre 12.



以人為本 – Les Humanistes


孔子 – Le confucianisme :

Le confucianisme vise à l’avènement d’une société harmonieuse, dirigée par un souverain vertueux et dont les relations sociales sont empreintes de respect et d’harmonie. L’une des idées essentielles du confucianisme réside dans le fait que tout homme, quel que soit son rang de naissance peut atteindre une rigueur morale irréprochable, grâce à l’éducation et à la pratique d’un art et des rituels.

« Si un homme honorable instruisait le peuple pendant sept ans, on pourrait ensuite en tirer des soldats pour la guerre. Conduire le peuple à la guerre, avant de l’avoir instruit, c’est le mener à sa perte. »
Kong Fu Zi ; Les Entretiens.

Les origines : Kong Fu Zi est né pendant la Période des Printemps et Automne en l’an 570 de la dynastie Zhou. Durant la moitié de son existence le sage parcouru le Zhong Guo pour enseigner sa philosophie. A la fin de son voyage, il fonda une école pour faire prospérer son savoir.

« La Voie de l’homme honorable est triple : la plénitude humaine sans obsession ; la connaissance sans scepticisme ; le courage sans peur. »
Kong Fu Zi ; Les Entretiens.
Doctrine : la rigueur morale est fondée sur deux vertus :

禮 Li, la bienséance, ce terme désigne un concept très complexe qui peut se définir comme l’harmonie entre l’homme et l’ordre général du monde dans tous les aspects de la vie, depuis l’observation des rites religieux gouvernementaux et familiaux jusqu’aux règles de comportement de vie en société. Le li guide l’homme dans ses devoirs aussi bien envers les autres hommes (respect, tolérance, pardon, fidélité, dévouement, confiance, contrôle de soi) qu’envers les êtres spirituels supérieurs (le culte rendu aux divinités et aux ancêtres).


仁 Ren, l’humanité, la bonté, ” la bienveillance qu’un homme doit montrer envers ses semblables”, mais selon une hiérarchie des liens politiques et familiaux très précise. Le Ren est la vertu parfaite, mère de toutes les autres.

« Si le prince conduit le peuple au moyen des lois et le retient dans l’unité au moyen des châtiments, le peuple s’abstient de mal faire ; mais il ne connaît aucune honte. Si le prince dirige le peuple par la Vertu et fait régner l’union grâce aux rites, le peuple connait la honte, et devient vertueux. »
Kong Fu Zi ; Les Entretiens.

La hiérarchie confucéennes ”les cinq relations” : Chaque relation suppose un comportement précis, un parent se doit de donner éducation et soin à son enfant et un enfant doit obéissance et respect. Un souverain doit gouverner avec sagesse et bienveillance pour faire ”grandir” ses sujets, un sujet se doit d’être loyal et obéissant.

Parent/Enfant
Mari/Femme
Ami/Ennemi
Frère ainé/Frère cadet
Souverain/Sujet.


墨家 – Le mohïsme :


Le mohïsme est une philosophie basée sur l’idée que l’origine de la guerre et de tous les maux se trouve dans l’hostilité que l’homme, égoïste et isolé, voue à ses semblables qu’ils considèrent comme des étrangers. Les mohïstes prêchent pour faire de l’humanité une vaste communauté solidaire, où chacun traiterait autrui en prochain.

« Le sage doit rechercher le point de départ de tout désordre. Où? Tout commence par un manque d’amour. »
Mo Zi

Les origines : ancien disciple confucianiste, Mo Zi vécu au alentour de l’an 600 de la dynastie Zhou. Période des Printemps et Automne où les fiefs étaient en guerre perpétuelle. La profonde répulsion éprouvée envers la guerre et la nécessité d’un altruisme total pour y mettre fin sont les bases du développement du mohïsme.

« Celui qui aime les autres est nécessairement aimé par eux ; celui qui avantage les autres est nécessairement avantagé par eux. Celui qui hait les autres est nécessairement haï par eux. Celui qui fait du tort aux autres subit nécessairement du tort de leur part. »
Mo Zi

Doctrine : les trois piliers du mohïsme sont :

Bo ai ”l’altruisme total” : une forme d’amour universel que doivent se porter tous les hommes, sans distinction de rang social ou de parenté.

L’ascétisme, tous les plaisirs qui ne répondent pas aux besoins primaires du peuple doivent être écartés : les arts, les rites et les cérémonies. Le temps et l’énergie perdus à de telles occupations seraient bien mieux employés pour nourrir, loger et protéger le peuple.

L’étude scientifique : les mohïstes prônent la recherche scientifique afin de découvrir de nouveaux moyens pour satisfaire les besoins du peuple et améliorer les conditions de vie de chacun. De nombreux mohïstes se sont spécialisés dans l’art de la guerre, afin de venir au secours des civils pris dans les cités en état de siège.



法家 – Le Légisme

Théorie politique avant d’être une philosophie dont le fondement idéologique s’élabora au fil des siècles par différents ministres. Le courant de pensée légiste admet que l’homme est fondamentalement égoïste et mauvais. Une société humaine à l’état naturel est par essence anarchique et chaotique. La discipline doit être imposé à l’homme à travers la loi.

« Un souverain juste doit agir en fonction des actes de ces sujets, les récompensés quand ils le méritent et les châties lorsqu’ils entravent la loi. »
Shang Yang

Les origines : le premier ministre du Royaume du Qi, Guan Zhong entama en l’an 436 de la dynastie Zhou des reformes politiques à travers la centralisation du pouvoir. L’ancien Royaume du Jin et le Royaume du Chu suivirent ce courant politique. Mais c’est au sein du Royaume du Qin que Shang Yang, premier ministre en l’an 760 de la dynastie Zhou porta le légisme à son apogée. Il aboli la féodalité, installa une corporation de fonctionnaire nommée au mérite, reforma le découpage administratif du royaume.

« Un chef doit savoir faire appliquer la loi au sein de son clan. La loi est impartial, quiconque au sein du clan l’enfreint, tout le clan devra être punit. »
Shang Yang

Doctrine : Les trois idées directrices du légisme font jaillir une conception autoritaire du pouvoir dont le grand mérite est de mettre à nu les leviers du pouvoir et de révéler les mécanismes du contrôle social dans lesquels la personnalité du souverain joue un rôle prépondérant. C’est trois piliers sont :

法 Fa ”la loi” : la loi est le concept central dans le système de pensée des légistes. Ce ne sont plus les idées confucéennes du sens de l’humain et la conformité aux rites qui sont chargés d’assurer la cohésion sociale mais la loi. Ceux qui obéissent aux lois sont récompensés, ceux qui les transgressent sont châtiés. La loi est telle une force de la nature : on n’a pas à la comprendre, juste à s’y soumettre.

術 Shu ”le contrôle” : le souverain doit rester neutre mais ferme, toutes les méthodes peuvent être utiliser afin de garder le contrôle de son pays. Les institutions étatiques sont chargées de faire en sorte que la loi soit intériorisée par les individus à un point tel que le châtiment lui-même deviendrait inutile tant la terreur qu’elle inspire serait grande. Pour mettre en œuvre cet objectif, les légistes prônent le principe de la responsabilité collective selon lequel la communauté encourt une sanction collective même si la faute est commise par un seul individu, ce qui entraîne un principe spontané de prévention et de contrôle réciproque de toute la population fondé sur la surveillance et la dénonciation de chacun par autrui.

誓 Shi ”la légitimité” : l’autorité du souverain est incontestable, un pays puissant se doit d’avoir un souverain fort. Cependant, les fonctionnaires doivent être choisis strictement selon leurs compétences (talent, résultats et expérience), traités tous de la même façon et évalués régulièrement.



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Qin, les Royaumes combattants milkawel